Expérience de catéchèse sur Roubaix Nord 
(paroisse St François)

Récit d'une expérience de caté vécue avec 12 enfants se préparant à la profession de foi. 
Certains d'entre eux sont au collège, d'autres sont en primaire.

Depuis plusieurs années, nous avons constaté que les enfants se préparant à la profession de foi n'étaient plus motivés. 

Une maman disait de sa fille : "Marie, pourtant curieuse de Dieu et intéressée par de très nombreux sujets de la vie, montrait peu d'intérêt pour ce qui lui était proposé au caté malgré tous les efforts pour adapter la pédagogie et mieux faire passer le message !"

Une catéchiste faisait également le même constat que moi, elle me disait : "La vie du collège est lourde. Ils ont trop de choses à partager. Nous n'avons pas le temps, une heure de caté c'est si vite passé. On ne fait que survoler les choses …"

 

J'ai réfléchi pendant 3 ans face à ces questions

J'ai d'abord commencé par reprendre une équipe de base pour être plus à l'écoute des enfants. Ce qui m'a permis de faire moi-même le constat que les enfants venaient au caté le mardi soir avec lassitude, après une journée au collège. 

Pour certains, il fallait entrer dans une autre démarche.

20 à 25 minutes après le début de la séance de caté, tout était différent. Les enfants retrouvaient la joie de se revoir et un partage commençait… mais une demi-heure plus tard, il fallait déjà partir et là les enfants étaient souvent déçus : "On n'a pas fini !" ou "Oh ! déjà !

En réfléchissant entre catéchistes, nous étions convaincues qu'un changement de rythme pour les enfants entrant en 6e était très urgent, mais la question était : "Comment faire ?

J'ai également porté cette question en E.A.C.S. (Equipe d'Animation Catéchétique de Secteur), la question fut accueillie mais pas partagée avec une même conviction. Les autres animatrices ne ressentaient pas la même difficulté. Je ne sentais pas le feu vert pour me mettre en route

J'ai donc continué à mûrir ce projet. J'ai reporté la même question en équipe Monde Ouvrier de zone où étaient présents les responsables diocésains : les réponses étaient peu concluantes : envisager une catéchèse uniquement par temps forts n'est pas vraiment une catéchèse, les enfants ont besoin d'un temps de partage régulier

Le cheminement s'est fait avec patience et persévérance. Je recherchais comment mettre en œuvre, comment sensibiliser les parents, les catéchistes et le secteur

Les parents voyaient également cette difficulté. Quelques réactions de parents :

"J'ai bien du mal à la convaincre de venir au caté pourtant c'est sa dernière année !"

"Le mercredi, la sortir du lit pour aller au caté, c'est la galère mais quand elle revient, elle est contente…"

"A la fin de l'année dernière, Marie me demandait si elle était encore obligée de s'inscrire au caté".

Pendant ces années de recherche, j'ai organisé des journées de temps forts pendant les périodes de vacances.

Là je sentais vraiment que la catéchèse pouvait être vécue dans une réflexion profonde. Le temps, l'écoute et l'échange étaient vécus dans un partage évangélique.

Rameaux 2001 a sûrement donné le courage d'aller de l'avant et de mettre en pratique ce que l'on disait : faire du neuf, redonner un sang nouveau. Alors pourquoi attendre.

En E.A.C.S. la décision fut prise, la possibilité de créer une autre manière de faire.

En juin, j'ai proposé cette manière de faire le caté en réunion de parents. Nous sommes tombés d'accord sur le nouveau rythme d'une fois par mois.

Nous avons cherché ensemble, parents et catéchistes, des objectifs :

  • que les enfants soient motivés par le temps du caté,

  • qu'ils aient assez de temps pour vivre une vraie vie d'équipe et pour échanger sur leur foi,

  • qu'ils aient le goût de continuer à vivre quelque chose après leur profession de foi.

Le déroulement du temps fort se vit de cette manière :

  • chaque séance commence par une réunion de parents pour partager sur le thème proposé, 
    puis le travail que les enfants sont invités à faire chez eux pendant le mois

  • le caté commence le samedi à 15 heures avec un long partage de la vie qui crée une complicité dans l'équipe et qui permet de se décharger des préoccupations du moment pour se rendre plus disponibles

  • le contenu du programme est ensuite proposé sous forme d'un dossier qu'ils emmèneront chez eux

  • il est travaillé sous forme de recherches et d'échanges en petits groupes, puis de mise en commun

  • ensuite vient un temps de préparation pour la célébration du lendemain. Souvent c'est l'évangile qui est repris et comment il vient rejoindre la vie d'aujourd'hui

  • nous terminons notre rencontre par un temps convivial autour du pique-nique. C'est le moment de la détente, de la vie d'équipe, du partage concret et aussi un nouveau temps de parole et d'écoute sur la vie quotidienne

  • une permanence est ouverte à la paroisse chaque mardi soir pour permettre aux enfants qui le souhaiteraient de venir parler ou reprendre leur dossier avec l'aide d'un adulte.

Nous avons essayé de donner une chance aux enfants afin de vivre une année de caté autrement. Après plusieurs mois, je suis témoin que les enfants sont heureux de venir… ils ont la joie de se retrouver en équipe et le temps du pique-nique le samedi soir est un moment de convivialité important qui leur donne envie de revenir la fois suivante.

Peut-être pensez-vous que je suis seule actrice, je ne le pense pas. Il faut reconnaître que je travaille dans un secteur de milieu très populaire avec une majorité d'étrangers où il est très difficile de rencontrer des personnes aptes pour prendre des responsabilités mêmes parfois minimes ; mais j'ai toujours trouvé des partenaires pour soutenir ce projet et parfois un encouragement surtout du côté des parents et des catéchistes qui sont du même terrain.

 Micheline 
Animatrice en pastorale 
En catéchèse, J.O.C. et A.C.E.